Pit Baccardi Vue 2055 fois Posté le: 2015-03-08

Interview - « Les codes rap sont les mêmes il faut juste les adapter à son environnement »

 « Les codes rap sont les mêmes il faut juste les adapter à son environnement »
Né au Cameroun et ayant grandi en France, Guillaume N’Goumou alias Pit Baccardi fait partie de ces rappeurs ayant laissé leur empreinte dans le rap francophone. Il a plusieurs albums à son actif et collaboré avec les plus grands noms, d’Oxmo Puccino à Kery James, ou de Medine au chanteur US de Rnb Joe. Membre du Collectif Time Bomb et ensuite respectivement du Secteur A et de Première Classe, il vit désormais au Cameroun son pays d’origine où il produit désormais des artistes par l’entremise de son label.

X Maleya, Duc Z et Magasco font partie de l’écurie et Empire Company en est le nom. Ton premier album éponyme est sorti en 1999, ce qui fait déjà 16 ans en arrière. Quand tu regardes ton parcours depuis l’époque jusqu’à aujourd’hui, que retiens-tu ?
Ce que je retiens de mon parcours c’est que, contribuer à un nouveau mouvement, une nouvelle dynamique (ce qui a été le cas avec Secteur A et Première Classe), donne 16 ans après, une crédibilité et un respect.
Les choses ont été bonnes mais auraient été meilleures avec plus de maturité. C’est l’inconvénient d’être précurseur parce qu’on est confronté aux situations sans modèles. Je suis, donc, juste content de faire partie de l’histoire et du fait que être Pit Baccardi ça parle encore aux gens.
Tu es désormais installé au Cameroun où tu as créé ton label Empire Company, à travers lequel tu produis des artistes. Qu’est ce qui t’a motivé dans ce choix ?
Ce qui m’a motivé, c’est de voir tous ces talents qui manquaient de structure, de vision, de dynamique et de financement.
Pour moi une carrière peut s’articuler de différentes manières : sortir des disques de manière intense ou le faire comme je le fais parce que produire reste mon activité. Sauf que je suis de l’autre côté de la vitrine, donc je gagne aussi en maturité, en expérience et en argent.
Le Cameroun et l’Afrique en général ont besoin d’être structurer pour qu’on puisse parler d’industrie.
J’entends bien Afrique centrale parce que les Nigérians, les Sud-africains, les Ghanéens… pour ne citer que ceux là, ont réussi à créer une dynamique industrielle. Ils ont des managers, des producteurs, des boîtes de prods, des réalisateurs, une organisation d’un niveau à ne rien envier aux Occidentaux de ce côté là.

Quelle vision avais-tu de l’Entertainment en Afrique avant de venir d’y installer définitivement ?
Comme je le disais plus haut la vision que j’avais était celle de l’Afrique anglophone et je me disais pourquoi juste ce côté là peut le faire et pas nous. Il est vrai qu’ils ont une avance mais il faut bien commencer à notre niveau. Il faudrait arriver à une industrie panafricaine sans distinction de pays.

Penses-tu que le pari en valait le coup ?
Comme tout pari c’est un risque avec ses hauts et ses bas. Je ne peux encore porter de conclusion parce qu’on est en chantier encore. Il faut éduquer, comprendre ce qui marche et ce qui ne marche pas, et surtout que les artistes intègrent la rigueur et le professionnalisme dans leur fonctionnement.
Nous sommes à un stade embryonnaire de notre développement. Il nous faut encore un peu de temps pour savoir si on a eu raison ou tort.

Pourquoi aucun rappeur ou groupe de rap n’est encore signé sur ton label ? En tant que rappeur émérite on s’attendrait plutôt à ça n’est-ce pas ? Parce qu’Empire Company a la prétention d’être un label de musique pas juste de rap. D’ où les premières signatures qu’il y a eu mais effectivement dans le projet Empire il y a cette volonté de développer la branche hip hop. On est en réflexion sur un projet de compilation de rap Africain « We are Empire » pas juste pour les Camerounais et où on pourra y trouver le Mali, le Togo, le Congo et bien d’autres.
Il faut que les artistes de différents styles intègrent qu’ils peuvent compter sur Empire pour du développement. Il est vrai que le label est créé par un rappeur mais je suis fan de musique dans son ensemble donc le label est à l’image de ma personnalité.

Quels sont à ton avis, les défis à relever aujourd’hui par le rap africain francophone afin de d’être en adéquation au niveau des productions et offrir de la qualité comme chez nos voisins anglophones ? La différence se fera par le caractère. Ce qui signifie avoir de la personnalité trouver un son qui fera ton identité. Un artiste comme Jovi avec sa chanson « Cash » montre une originalité qui est la sienne et qui le démarque. Ensuite il y a toujours la notion de mouvement. C’est ainsi que cette musique fonctionne.
De même, il faut l’image. Des univers parlant et impactant, de l’attitude… En fait toutes les composantes du rap comme nous on a pu s’inspirer des États Unis mais en adaptant avec le contexte Africain. Les codes rap sont les mêmes il faut juste les adapter à son environnement.
Et pour finir l’essentiel c’est-à-dire se structurer et se professionnaliser.

Pour en revenir à tes activités professionnelles, comment as-tu mis en place le label et comment s’est fait le choix des artistes avec lesquels tu collabores ? Le label s’est fait simplement. J’ai monté une SARL parce que ça fait plus sérieux quand il s’agit de démarcher des partenaires. J’ai 4 employés fixes et des prestataires avec qui je collabore régulièrement pour mes projets.
Le choix des artistes se fait par des coups de cœur. Cela a été le cas avec X-Maleya. Quand je les ai signés, on a accompli un gros boulot et ils volent de leurs propres ailes maintenant.
Magasco c’est pareil. Nous avons deux nouvelles signatures, un groupe Né grie et le chorégraphe King Creol et sa troupe GTB.
Il y a une volonté de faire dans le populaire dans un premier temps car ça permet de ratisser large et d’ouvrir des perspectives pour des projets plus spécifiques.
Et en tant que rappeur à quoi pourrait se résumer ton actualité en ce moment ?
Mon actu c’est que j écris beaucoup mais le business me prend énormément de temps. Mais pour rassurer ceux qui s’inquiète de mon long silence… ça arrive… je veux faire quelque chose où je m’amuse, où je prends du plaisir …JE RAPPE TOUJOURS

Quels sont les singles ou albums de rap du continent que tu as écouté récemment?
« Cash » et « ep8koi » de Jovi, le Nigérian Phyno j’ai oublié le titre mais dans le clip il y a une meuf dont on voit le dos rebondi…Lol… en permanence il y a « Adonaï » de Sarkodie et le Malien Iba One que ma partenaire Magali Wora de Real Black Music m’a fait découvrir.

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